Les Guerres Napoléoniennes

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Personnage Xertinois

Devant cette maison, c’est l’époque du début du 19ème siècle que nous allons aborder, l’Europe des guerres napoléoniennes, le mélange des populations et les prémices de l’union que nous appelons toujours aujourd’hui de nos vœux.

Ici s’installa Frédéric Hermann, Allemand, soldat et cordonnier, qui donna nombreuse descendance dont la famille Courtois, toujours installée dans cette maison, ainsi qu’à d’autres branches aujourd’hui installées en Amérique du sud et en Belgique. 

 

S'il pouvait nous raconter son histoire...

Hermann

Je m’appelle Johan, Friederick Hermann, je suis né le 4 mars 1789 à Schnackemburg, sur la rive gauche de l'Elbe. En 1806, au lendemain de la bataille de Iena, l’Empereur pris possession de mon pays. A 18 ans, à la mi-mars 1807, je fus incorporé dans un régiment d'infanterie de la Grande Armée, en qualité de fusilier.

Comme je venais de terminer mon apprentissage chez un bottier de mon village, j’ai eu la charge, tout au long des campagnes militaires auxquelles j’ai participé, de réparer et de fabriquer les chausses de mon régiment.

Le 6 juillet 1809, à Wagram, je fus grièvement blessé lors d’un assaut. On m’a rapatrié en France, que je ne connaissait que de nom, après la fin de cette maudite campagne, péniblement à pied et par étapes. J’arrivai  à la fin de cette année 1809 à l'hôpital d'Epinal, en compagnie d'un autre rescapé de ma Cie, natif des Vosges, Jean, Joseph Lallemand cultivateur à Xertigny, avec qui je m’étais lié d’amitié.

Comme unique bagage, il ne me restait que mon  coffre de cordonnier et mon envie de vivre, ma convalescence se prolongea à Epinal jusqu'au milieu de l'année 1812.

A 23 ans, je fis la connaissance à Epinal d’une fille mère de 12 ans mon aînée, ma tendre Anne Fremiot. Je m’empressai de l’épouser et de reconnaître son fils, Simon, libéré ainsi, grâce à la loi française de mes obligations militaires. Mon prénom se francisa en Frédéric, je pouvais enfin songer à mon avenir.

Fin 1812, mon copain de régiment Joseph Lallemand me proposa de venir m’installer à Xertigny.

J’y fus accueilli chaleureusement par Joseph Villemin, Juge de paix et premier Maire de Xertigny, fervent Bonapartiste. Il dirigeait la commune depuis 1800, au lendemain de la Révolution française.

Il me permit de m’installer comme cordonnier au village. Je pus, après quelques années, acheter un terrain et m’installer dans cette maison.

Avec mon épouse, nous avons eu la chance de donner le jour à 6 enfants, malheureusement 2 d’entre eux nous quittèrent en bas âge. Dans notre famille, la tradition veut que nous donnions 2 prénoms à nos enfants et que ce soit le deuxième prénom qui soit utilisé dans les relations familiales. Ainsi moi qui ai été baptisé Johan Friederieck, on m’appelle Frédéric.

En 1835, nous avons marié Simon, le fils que j’avais reconnu, à Marguerite Villemin. Ils sont installés comme fermiers à Moyenpal, le père de ma belle-fille est Maire de la commune, et il vient de lancer les travaux de construction de la mairie au centre du village en face de l’église, un bien bel ouvrage.

Aujourd’hui, je suis bien vieux, je suis entouré des mes petits-enfants, tous mes enfants sont bien mariés, mon grand a repris l’activité de cordonnerie, et même si au village on m’appelle encore Frédéric le Germain, nous sommes fier d’être devenu de Xertigny. Je ressens ce sobriquet plutôt comme Frédéric le cousin germain.

En effet, nous faisons tous partie de la même famille européenne, de la même famille humaine !

 

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